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  • thomas6721

Effets du neurofeedback sur la fatigue et les troubles cognitifs qui surviennent après un cancer:



Étude pilote de faisabilité

Marian Luctkar-Flude, inf. aut., Ph.D., CCSNEUniversité Queen’s, École des sciences infirmières, 92 Barrie St. Kingston (Ontario) K7L 3N6, 613-533-6000, poste 77383, ac.usneeuq@1lfm, https://www.linkedin.com/in/marian-luctkar-flude-1201642a/, https://twitter.com/marianlflude Jane Tyerman, inf. aut., Ph.D., CCSNEUniversité d’Ottawa, École des sciences infirmières, Ottawa, Ontario, ac.awattou@namreytj Shawna Burnett, B.A. (psychologie), M.Sc.(c)(ergothérapie)Université Queen’s, École de réadaptation, Kingston, Ontario, moc.liamg@ttenrubeelanwahs Janet Giroux, inf. aut. (catégorie spécialisée), M.Sc.inf., CSIC(C), CSIO(C)IPA de Souza, Centre de cancérologie du Sud-Est de l’Ontario, Centre des sciences de la santé de Kingston, Kingston, Ontario, ac.cshnotsgnik@xuoriG.tenaJ Dianne Groll, inf. aut., Ph.D.Université Queen’s, Département de psychiatrie et de psychologie, Kingston, Ontario, ac.usneeuq@dllorg Author information Copyright and License information PMC Disclaimer

RÉSUMÉ Objectif La fatigue et les troubles cognitifs qui se manifestent après un cancer sont des effets indésirables qui, souvent, perdurent après les traitements et nuisent à la qualité de vie. L’étude vise à évaluer la faisabilité du neurofeedback et ses effets sur le fonctionnement cognitif et la fatigue des survivants du cancer, particulièrement la faisabilité des stratégies de recrutement, du protocole de recherche et des mesures de résultats. Devis L’étude pilote de faisabilité est construite selon un devis avec groupe témoin mis sur liste d’attente pendant une période de 10 semaines. Les participantes servaient elles-mêmes de groupe témoin. Elles ont suivi deux séances de neurofeedback par semaine, pendant 10 semaines. Participants L’échantillon était composé de survivantes du cancer du sein vivant à Kingston, en Ontario (n=16). Méthodologie Les résultats ont été évalués à l’aide d’échelles d’autoévaluation validées, ainsi que par des tests neurobiologiques avant, pendant et après le traitement par neurofeedback. Résultats La faisabilité du protocole de neurofeedback a été confirmée: la procédure s’accompagne d’une diminution significative des troubles cognitifs, de la fatigue, des troubles du sommeil et des symptômes psychologiques. Implications pour les services psychosociaux Le neurofeedback pourrait se poser en thérapie complémentaire efficace et non invasive pour traiter les troubles cognitifs qui surviennent chez les survivantes du cancer du sein après les traitements. Mots-clés: chimiothérapie, trouble cognitif, fatigue associée au cancer, ou oncologie intégrative, neurofeedback, thérapie alternative

Les troubles cognitifs liés au cancer, aussi appelés « brouillard mental », sont des effets indésirables qui surviennent pendant et après les traitements, et qui ont des répercussions sur la qualité de vie (Patel et al., 2014; Pendergrass et al., 2018; Selamat et al., 2014). On a constaté, chez les survivantes du cancer du sein, des changements cognitifs associés à la chimiothérapie, à la radiothérapie et à l’endocrinothérapie (Van Dyk et Ganz, 2021). Les tests neuropsychologiques objectifs mesurant les fonctions cognitives montrent un déclin global du fonctionnement cognitif, notamment des aptitudes verbales, de l’apprentissage à court terme et de l’attention (Biglia et al., 2012). Cette même étude révèle également des liens entre les traitements et la dépression, l’anxiété et la fatigue physique. La fatigue liée au cancer est le symptôme le plus fréquent, le plus pénible et le plus invalidant rapporté par les survivants; il est présent jusqu’à 6 six ans après les traitements à des niveaux cliniquement significatifs chez environ un tiers des survivants du cancer (Jones et al., 2016). Selon une revue systématique des troubles cognitifs dus à la chimiothérapie, la perception de l’atteinte cognitive entraîne des changements pénibles dans le quotidien de la personne, notamment sur l’emploi (Hutchinson et al., 2012). Les personnes ayant reçu de la chimiothérapie pour traiter un cancer du sein ont trouvé difficile de reprendre le travail à pleine capacité et ont vu leur santé physique et mentale se détériorer (Barnes et al., 2014). Après les traitements, les troubles cognitifs font partie de l’expérience du cancer de la personne, mais il y a souvent un manque de reconnaissance, de soutien et d’intervention, car le soulagement de la rémission éclipse les effets indésirables toujours présents après les traitements (Pertl et al., 2014). Il y a de plus en plus de survivants au Canada et aux États-Unis; la demande pour reconnaître et traiter les effets secondaires du cancer et des traitements ne cesse donc de croître (McCabe et al., 2013). Les quelques études publiées ont évalué certaines interventions visant à alléger les troubles cognitifs liés au cancer, par exemple l’entraînement cognitif, l’activité physique, les changements alimentaires et les psychostimulants (Ahles et al., 2012). Or, le besoin de trouver des traitements efficaces, corroborés par la recherche et éventuellement utilisables par différents services de santé en oncologie, est bien présent. Actuellement, les patients ont de plus en plus recours à des pratiques médicales complémentaires et alternatives pour traiter les symptômes persistants, et ce, malgré que ces services ne soient pas financés ou couverts par l’assurance maladie (Grant et al., 2019). Le neurofeedback est justement l’une de ces nouvelles pratiques dont les résultats préliminaires sont prometteurs. Cette approche emploie une technologie à la fine pointe pour stimuler les capacités du cerveau à se guérir lui-même selon les principes de conditionnement opérant et de neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du système nerveux à répondre à des stimuli, comme le neurofeedback, et à réorganiser sa structure, ses fonctions et ses connexions (Cochrane, 2010). Cette pratique a pour principaux avantages d’être sûre et de produire des résultats stables à long terme (Ros et al., 2014). Les effets indésirables, comme les maux de tête et la fatigue, sont rares ou passagers (Hammond, 2010). De plus, la réorganisation fonctionnelle du cerveau se maintient après les séances de neurofeedback, ce qui s’avère un indicateur de neuroplasticité (Sitaram et al., 2017) et confirme les observations voulant que les bienfaits perdurent après le traitement (Ros et al., 2014). Le neurofeedback enseigne à modifier la fréquence des ondes cérébrales pour améliorer l’efficacité du système nerveux central. L’activité cérébrale est mesurée à l’aide de capteurs placés sur le cuir chevelu, puis interprétée par un logiciel et finalement renvoyée au cerveau en temps réel. Dans les approches traditionnelles de neurofeedback, on pose un diagnostic pour ensuite appliquer des protocoles particuliers visant à éliminer ou à augmenter certaines fréquences cérébrales bien précises associées à des problèmes donnés. La technologie avancée NeurOptimalMD Dynamical NeurofeedbackMC est une méthode conviviale qui exploite les propriétés dynamiques du cerveau (Ros et al., 2014); il s’agit du seul système de neurofeedback à faire appel à des systèmes mathématiques non linéaires (Suzuki, 2018). Contrairement aux systèmes linéaires, le neurofeedback dynamique ne pose aucun diagnostic. La technologie NeurOptimal permet à chaque cerveau d’atteindre un fonctionnement optimal, car elle lui fournit des informations sur les perturbations de son activité électrique au moyen d’une rétroaction auditive (Cochrane, 2010). Elle favorise ainsi l’autorégulation, la souplesse et la résilience du cerveau et du système nerveux central, qui contrôle les autres systèmes du corps, tous interreliés et interdépendants (Cochrane, 2010; Suzuki, 2018). L’autorégulation de l’activité cérébrale se pratique depuis des millénaires par la méditation, le yoga et les arts martiaux. Or, le neurofeedback produit les mêmes résultats, mais plus rapidement et plus efficacement (Swingle, 2008). Le neurofeedback constitue une nouvelle approche holistique des soins de survie au cancer qui appartient aux thérapies complémentaires et alternatives de type corps-esprit. Ces pratiques sont axées sur la guérison dans toutes ses dimensions, émotionnelle, physique, mentale et spirituelle. Un grand nombre de survivants disent avoir recours aux médecines complémentaires et alternatives, dont les approches corps-esprit (Carlson et al., 2017). Le neurofeedback est souvent employé en psychologie comme complément ou thérapie alternative à la psychothérapie conventionnelle ou aux médicaments. Cependant, il n’est toujours pas intégré à la recherche et au courant médical dominant, qui finance peu les stratégies non pharmaceutiques. Par ailleurs, un récent sondage a révélé que certains survivants se tournent vers différentes approches de neurofeedback pour gérer efficacement les symptômes à long terme, comme la fatigue, les troubles cognitifs, l’anxiété, la dépression et les troubles du sommeil (Luctkar-Flude et al., 2017). Dans une étude par entrevues, les thérapeutes en neurofeedback et les participants ont rapporté que le neurofeedback avait aidé les survivants du cancer à apaiser leurs symptômes et à reprendre leur vie en main (Luctkar-Flude et al., 2019). Une étude menée par Jean Alvarez (2013) concluait à la nécessité de pousser la recherche sur le neurofeedback en tant que traitement sûr et efficace des troubles cognitifs causés par le cancer., l’étude préliminaire ayant constaté une amélioration significative de la fonction cognitive, de la fatigue, de la qualité du sommeil et du bien-être psychologique rapportées par des survivantes du cancer du sein après 10 semaines de neurofeedback dynamique. La présente étude utilise les mêmes mesures d’évaluation pour tenter de reproduire les résultats puis d’en élargir la portée en montrant que le neurofeedback est efficace pour traiter les troubles cognitifs dus au cancer. L’objectif était d’évaluer la faisabilité du neurofeedback dynamique et non linéaire, ainsi que ses effets sur les fonctions cognitives et la fatigue de survivants au cancer. Plus particulièrement, il s’agissait de tester la faisabilité des stratégies de recrutement et le protocole de l’étude, y compris les mesures de résultats qui évaluent les effets du neurofeedback dynamique et non linéaire comme option de traitement des troubles cognitifs chez les survivants et, accessoirement, des autres symptômes connexes comme la fatigue, les troubles du sommeil et autres symptômes psychologiques.


MÉTHODOLOGIE

La présente étude pilote de faisabilité explorait les effets du neurofeedback sur les troubles cognitifs, la fatigue, la qualité du sommeil et les autres symptômes signalés par les survivants du cancer après le traitement. Le devis prévoyait une liste d’attente de 10 semaines et les participantes servaient ellesmêmes de groupe témoin. Les devis avec groupe témoin sur liste d’attente sont couramment utilisés dans les milieux cliniques pour écarter les changements qui pourraient être attribuables à la progression naturelle de la maladie, au passage du temps, à l’autotraitement ou aux attentes des participants. La période d’attente de 10 semaines permet aux chercheurs de déterminer s’il y a eu progression naturelle des symptômes. Sans cette période, toute amélioration importante survenant pendant ou après les séances de neurofeedback risque d’être attribuée à la thérapie. La présente étude vise à confirmer la faisabilité d’évaluer l’efficacité du neurofeedback en procédant à un essai contrôlé randomisé. En outre, les résultats de l’étude vont fournir un aperçu général et servir de données préliminaires pour l’élaboration d’un protocole en permettant de valider les outils, les stratégies de recrutement et l’ampleur de l’effet afin de calculer la taille des échantillons qui seront nécessaires à la réalisation d’une étude plus vaste.

Participants Les survivants du cancer souffrant de troubles cognitifs dus aux traitements (n=16) ont été recrutés au moyen d’affiches et de cartes dans les centres communautaires et de soins de santé ainsi que d’annonces dans les journaux locaux et dans les cliniques du Centre de cancérologie du Sud-Est de l’Ontario. Pour être candidat à l’étude, il fallait avoir terminé les traitements primaires (chirurgie, chimiothérapie ou radiothérapie) d’un cancer de stade précoce (I-III) et avoir présenté des troubles cognitifs modérés ou graves (4 ou plus sur une échelle de 10) ou de la fatigue causée par le cancer. Les personnes dont le cancer était avancé ou métastatique, ou qui souffraient d’épilepsie ou de démence ont été exclues. Pour obtenir un échantillon homogène, on a ciblé les survivantes du cancer du sein en raison du degré généralement élevé de fatigue et de troubles cognitifs qu’elles présentent. En faisant jouer aux participantes elles-mêmes le rôle du groupe témoin pour remplir les conditions du devis par liste d’attente, nous avons maximisé la détection statistique de l’effet, étant donné que le devis retenu ne fait appel qu’à la moitié du nombre de participants exigés par devis expérimental à deux groupes.

Mesures Mesures des principaux paramètres d’intérêt: Faisabilité et troubles cognitifs liés au cancer La faisabilité a été évaluée à l’aide des taux de participation à l’étude, de réponse au sondage et de retrait de l’étude. Les troubles cognitifs liés au traitement d’un cancer ont été mesurés au moyen d’une évaluation objective des fonctions neurocognitives (CNS Vital Signs) et d’une mesure standardisée des résultats rapportés par les patients, c’est-à-dire l’échelle d’évaluation du fonctionnement cognitif FACT-Cog (Functional Assessment of Cancer Therapy-Cognitive Function). CNS Vital Signs est une batterie de tests neurocognitifs informatisée dont les propriétés psychométriques ressemblent à celles des tests neuropsychologiques conventionnels sur lesquels elle se fonde (Gualtieri et Johnson, 2006). Il s’agit d’une évaluation objective ciblant 11 domaines neurocognitifs cliniques pour ensuite convertir les scores en un indice neurocognitif global. Ces 11 domaines sont la mémoire composite, la mémoire visuelle, la rapidité psychomotrice, le temps de réaction, l’attention complexe, la flexibilité cognitive, la vitesse de traitement, la fonction exécutive, l’attention simple, la rapidité motrice et l’indice neurocognitif. En raison des coûts élevés d’administration de tests objectifs, cette mesure n’a été réalisée qu’à trois reprises (semaines 0, 10 et 12), alors que les mesures subjectives ont été relevées cinq fois. Le tableau 1 présente le calendrier complet et les périodes auxquelles les participantes ont reçu les traitements de neurofeedback.

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